AFJEL LogoLes sites de jeux en ligne illégaux (casino en ligne, poker online ou paris sportifs NDLR)rencontrent de plus en plus de succès en France.

Voilà le résultat d’une étude réalisée par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) que vient juste de rendre publique l’Association Française du Jeu En Ligne (AFJEL).

Elle estime qu’il y a environ 5,4 millions de joueurs qui ont fréquenté durant l’année écoulée au moins une fois par mois ces plateformes illégales dans l’hexagone.

Un manque à gagner d’environ 1 milliard d’euros pour l’Etat

A cause de la pandémie internationale de coronavirus Covid-19, beaucoup de Français ont commencé à se rendre sur des sites de jeux en ligne illégaux.

Loin de s’être calmé après la fin de la crise sanitaire mondiale, le phénomène s’est même amplifié.

  • Une étude de l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) de 2023 estimait qu’à peu près 3 à 4 millions de joueurs fréquentaient des plateformes illicites.

  • Le récent sondage rendu public par l’AFJEL évoque le chiffre de 5,4 millions en appliquant la même méthode pour les quantifier.

  • On peut donc constater une hausse de 35% en 2 ans.

Cela prouve qu’il est très difficile d’endiguer cette offre illégale qui représente un manque à gagner d’environ 1 milliard d’euros pour l’Etat : une somme énorme en cette période de disette budgétaire.

Plus de 500 sites de jeux illégaux qui ciblent la France dont 280 casinos en ligne

C’est au cours de l’année 2010 que les jeux en ligne ont été libéralisés en France. Cependant, la loi ne porte que sur certains types de jeux dont les paris hippiques et sportifs, le poker ou bien les cartes à gratter par exemple.

Le casino online n’est pas encore autorisé. Dans l’Union Européenne, il s’agit d’une sorte d’exception. En effet, il n’y a que Chypre qui est également dans ce cas.

L’année dernière, le gouvernement a essayé de remédier à cette situation. Cependant, la pression des opérateurs de casinos terrestres l’a poussé à annuler son projet de légalisation des casinos virtuels.

On estime que plus de 500 sites de jeux en ligne clandestins ciblent l’hexagone depuis l’étranger. Dans le lot, près de 280 (c’est-à-dire environ 54%) permettent de jouer au casino (machines à sous, roulette, blackjack…).

L’étude commandée par l’AFJEL montre que 82% de leurs utilisateurs français ne sont pas conscients que ces plateformes sont illégales.

Heureusement pour eux, ils ne risquent aucune sanction pénale.

Cependant, ils font face à d’autres dangers :

  • quid de la cybersécurité,

  • possibilité de fraudes financières,

  • pas de prévention de l’addiction.

En effet, ces plateformes opèrent souvent depuis des juridictions avec une réglementation très faible. Ainsi, il n’y a aucun recours possible.

De nouveaux leviers d’action mis en place depuis 2022 par les pouvoirs publics

Les autorités essaient de réagir face à ce phénomène. D’ailleurs, des résultats se font sentir. En effet, il y a 10 fois plus de sites de jeux en ligne illégaux qui sont bloqués tous les ans depuis 2022.

C’est que de nouveaux leviers d’action ont été mis en place.

Désormais, il est possible de déréférencer les plateformes et de les bloquer via les fournisseurs d’accès à Internet.